L’infographie de la semaine : les 5 systèmes de mémoire

Bonjour à tous ! Cette semaine, on poursuit l’exploration du livre Former avec le Funny Learning de Brigitte Boussuat et Jean Lefebvre. Dans cet article, on va se concentrer sur les 5 systèmes de mémoire.

Lorsque l’on forme des apprenants, la mémorisation est une étape essentielle. C’est un des buts des apprenants, et par conséquent une des missions du formateur. Comprendre les 5 systèmes de mémoire peut donc fournir des aides pour le formateur.

Souvenirs déclaratifs vs souvenirs non déclaratifs

Avant de décrire les 5 systèmes de mémoire, je voudrais revenir sur la différence entre souvenirs déclaratifs et souvenirs non déclaratifs. Cette différence se fait au moment de la restitution du souvenir.

Imaginez d’abord que vous devez donner votre adresse à quelqu’un. Pour donner cette adresse, vous allez vous remémorer cette adresse, vous allez la mentaliser. Ce type de souvenir, qui demande une certaine concentration pour être restitué, est un souvenir déclaratif, ou encore un souvenir explicite.

Prenons maintenant un second cas de figure : faire du vélo. SI vous faites du vélo depuis suffisamment de temps, vous n’avez pas besoin de vous rappeler les différentes étapes pour faire rouler votre vélo. Vous le faite d’instinct, de façon automatique. Dans ce cas-ci, vous faites ressurgir un souvenir non déclaratif, ou non explicite.

Chacun des 5 systèmes de mémoire que l’on va voir dans cet article peut se classer dans ces deux catégories :

  • la mémoire de travail, la mémoire épisodique et la mémoire sémantique sont des mémoires déclaratives
  • la mémoire sensorielle et la mémoire procédurale sont des mémoires non déclaratives
Répartition des 5 systèmes de mémoire (déclaratif-non déclaratif, et court-long terme)

Mémoire de travail : la mémoire à court terme

logo : mémoire de travail

Imaginez : vous cherchez à contacter quelqu’un, et vous avez une personne au téléphone qui vous donne un numéro à appeler. Vous notez ce numéro de téléphone avant de remercier votre correspondant, puis vous raccrochez.

Dans cet exemple, vous avez mobilisé votre mémoire de travail.

Cette mémoire est la mémoire à court terme de notre cerveau. Elle nous permet de conserver entre 5 et 9 informations à la fois pendant quelques secondes. Elle est mobilisée par exemple:

  • lors de la prise de notes
  • pour appréhender un exercice
  • pour confronter des idées de différentes sources

En salle de formation, je vous recommande de faire attention à la mémoire de travail de vos apprenants. Pour cela, évitez par exemple de donner trop d’informations à la fois, notamment lors des exercices et des évaluations.

Mémoire épisodique : la mémoire des souvenirs

logo : mémoire épisodique

Plongez-vous un instant dans un souvenir heureux. Cela peut-être un voyage qui vous a marqué, une remise de diplôme, une activité que vous appréciez particulièrement. Revivez le souvenir comme si vous vous projetiez dans un film.

En revivant ces souvenirs, vous avez fait travailler votre mémoire épisodique.

Cette mémoire est une mémoire à long terme. Elle stocke l’ensemble de vos souvenirs. En formation, c’est un allié précieux car elle permet de raccrocher les nouvelles notions à ce que les apprenants ont déjà vécu.

Mémoire sémantique : la mémoire des connaissances

logo : mémoire sémantique

Vous et vos amis avez décidé de faire un trivial poursuit. C’est à votre tour de lancer les dés, et un de vos amis vous pose une question. Vous réfléchissez, et après un instant, donnez la bonne réponse.

Félicitations ! La mémoire sémantique vous a permis de répondre, vous pouvez relancer les dés !

Cette mémoire à long terme permet de stocker les connaissances, telles que par exemple :

  • les dates (1515 : Marignan, dont on a déjà parlé ici),
  • le vocabulaire (un triangle équilatéral est un triangle dont les côtés ont tous la même longueur),
  • les significations d’images ou de logos (les lettres de l’alphabet)

En formation, cette mémoire est sollicitée pour tous les nouveaux savoirs. Pour favoriser ce type de mémorisation, je recommande de varier les manières de faire ressortir ce savoir. Pour en savoir plus, je vous met un lien vers un article dédié.

Mémoire sensorielle : la mémoire des amorçages perceptifs

logo : mémoire sensorielle

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’avoir des souvenirs qui surgissent alors que vous entendez une musique, ou que vous sentez une odeur particulière ?

Si c’est le cas, ces souvenirs sont revenus grâce à la mémoire sensorielle.

La mémoire sensorielle fonctionne à la fois pour de la mémorisation à court terme et pour de la mémorisation à long terme.

Cette mémoire ne demande pas d’effort cognitif particulier pour que les souvenirs reviennent, c’est un stimulus externe qui les fait ressurgir.

Cette mémoire est un point d’entrée des informations transmises par le formateur. C’est par le biais des cinq sens que l’apprenant va saisir les savoirs, les savoir-faire, les comportements qui lui sont transmis. Par conséquent, multiplier les sens dans la transmission permet d’augmenter les chances de mémorisation.

En formation, on peut, pour favoriser cette mémoire, varier les moyens de transmettre les informations : supports visuels, sons, vidéos et travaux pratiques par exemple.

Mémoire procédurale : la mémoire des automatismes

logo : mémoire procédurale

Imaginez : vous allez à la cuisine, vous faire votre plat favori. Pendant que vous faites toutes les étapes de la recette d’un air distrait, votre esprit dérive sur d’autres pensées. Cela peut être un projet sur lequel vous travaillez, la nouvelle chanson que vous aimez chanter, ou encore ce que vous allez regarder pendant que vous mangerez. À la fin de la préparation de votre repas, vous mangez : c’est une réussite.

Cette capacité à passer en pilote automatique pour certaines tâches est due à notre mémoire procédurale.

C’est cette mémoire qui est sollicitée par exemple lorsque l’on monte sur un vélo, conduit une voiture, lance une lessive. Elle est essentielle dès lors que l’on a besoin de se souvenir d’une succession de tâches à accomplir dans un ordre précis pour arriver à un résultat.

En formation, pour faciliter la mémorisation de procédures, l’idéal est de répéter ces procédures pour qu’elles s’ancrent, et de les mettre en pratique le plus possible. C’est notamment crucial pour tout ce qui touche au domaine de la sécurité et du secourisme.

Pour finir : l’infographie

Nous avons balayé les 5 systèmes de mémoire :

  • la mémoire de travail, mémoire à court terme qu’il convient de ménager pour faciliter l’acquisition de nouveaux savoirs et savoir-faire
  • la mémoire épisodique, qui contient les souvenirs
  • la mémoire sémantique, qui concerne les connaissances
  • la mémoire sensorielle, mémoire à court et à long terme
  • la mémoire procédurale, qui correspond aux automatismes.

Connaître ces 5 systèmes de mémoire permet au formateur de pouvoir trouver des solutions pédagogiques pour favoriser la mémorisation.

Je vous laisse avec l’infographie, et je vous retrouve la semaine prochaine pour un article sur le fonctionnement en 4 temps de la mémoire à long terme.

l'infographie de la semaine : les 5 systèmes de mémoire
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